De l’infirmerie au dessin: un parcours qui redessine la médecine dentaire
Julie Cornillaut
Avant de rejoindre le programme de médecine dentaire, Julie a évolué dans le milieu hospitalier dès l’âge de 16 ans, lors de ses premiers stages. Rapidement, elle développe un intérêt marqué pour la pédiatrie et l’oncologie.
Une fois diplômée, elle intègre l’équipe de l’Hôpital de Montréal pour enfants en hématologie-oncologie et transplantation. C’est dans ce contexte exigeant, auprès de jeunes patients en début de traitement de chimiothérapie, qu’elle fait une découverte déterminante : ces enfants doivent rencontrer un dentiste afin de prévenir et gérer d’éventuelles complications bucco-dentaires liées aux traitements.
«C’est là que j’ai réalisé qu’être dentiste, ce n’est pas seulement soigner des caries», explique-t-elle. Cette prise de conscience marque un tournant. Julie décide alors de réorienter son parcours vers la médecine dentaire, avec l’objectif, un jour, de travailler elle aussi en oncologie.
Déterminée, elle reprend des cours en physique, chimie et mathématiques en parallèle de son emploi d’infirmière. L’année suivante, alors qu’elle travaille en soins palliatifs pédiatriques, elle complète une mineure en sciences biomédicales. Un chemin exigeant, mais cohérent avec son désir d’allier rigueur scientifique, travail manuel et contact humain.
En parallèle de ses études, Julie cultive une autre passion : le dessin. « C’est une façon de trouver un équilibre, de m’évader », confie-t-elle. Mais au-delà de l’aspect artistique, l’illustration prend rapidement une place concrète dans sa formation. Pour elle, le dessin est un formidable outil de vulgarisation.
Expliquer un soin à l’aide d’un schéma permet non seulement de rassurer les patients, mais aussi de mieux faire comprendre la précision et la complexité des interventions. « Ça aide aussi à changer la perception des dentistes, souvent vus comme des “arracheurs de dents” », ajoute-t-elle avec sourire.
Soucieuse de précision, Julie n’hésite pas à se référer à ses ouvrages d’anatomie pour réaliser des illustrations détaillées. En contexte clinique, elle adapte toutefois son approche avec des dessins plus simples et rapides, en fonction du temps disponible. Cette capacité devient particulièrement précieuse auprès de patients pour qui la communication est plus difficile : une compétence qu’elle mettra à profit lors d’un stage au Népal dans les prochaines semaines.

Son intérêt pour la communication ne s’arrête pas là. Dès sa première année au doctorat, elle s’implique dans le journal étudiant «Le Mordent», un projet qu’elle rejoint sans hésiter, portée par son goût pour l’écriture. Le journal propose une variété de contenus, allant d’articles ludiques à des sujets plus scientifiques. Désormais diffusé sur Instagram, il contribue à faire rayonner la vie facultaire auprès des étudiants, futurs étudiants et patients.
Julie s’investit également au sein du comité Sourire, un groupe dédié à l’entraide et au soutien de la communauté étudiante. L’objectif : démystifier les enjeux liés à la santé mentale et renforcer le sentiment d’appartenance. Des initiatives comme les « biscuits sourire » en fin de session viennent ponctuer l’année, dans une volonté de créer des moments de répit et de solidarité.
Concilier études, implication et passions demande toutefois une certaine discipline. Avec le temps, Julie a appris à se prioriser. « Honnêtement, ça a tout changé! Si j’avais un seul conseil pour les étudiants, c’est de prendre du temps pour bouger », affirme-t-elle. Sport, équilibre de vie, capacité à dire non et à déléguer, autant d’éléments essentiels pour préserver sa santé mentale.
À ceux et celles qui souhaitent cultiver leur créativité en parallèle de leurs études, son message est clair : ne pas abandonner. « Il faut garder son cœur d’enfant et continuer d’être créatif. Il ne faut pas laisser la médecine dentaire écraser notre créativité, mais plutôt trouver des façons de la combiner avec nos études. »
Son parcours en est la preuve vivante. « Mes passions m’ont sortie du trouble plusieurs fois et m’ont aidée à me dépasser. Si vous avez une passion, faites-la fructifier et faites-la vivre ! »
Entre science, art et engagement, Julie Cornillaut ne suit pas un chemin tout tracé. Elle le redessine, trait par trait!