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Stabilité de la couleur des dents prothétiques imprimées en 3D: des variations significatives observées dans le temps
De gauche à droite: Dre Vanessa Houde, Dre Eloah Nunes de Almeida et Dr André Faria-e-Silva
L’impression 3D transforme progressivement la fabrication des prothèses dentaires en permettant la production rapide et précise de restaurations personnalisées. Toutefois, au-delà des technologies de numérisation et de conception, la qualité des matériaux utilisés demeure un enjeu essentiel pour assurer des résultats durables et esthétiques.
C’est dans ce contexte qu’une équipe du Groupe de recherche en écologie buccale (GREB) de la Faculté de médecine dentaire, en collaboration avec l’Université fédérale Fluminense (Brésil), s’est intéressée au comportement des résines utilisées pour l’impression 3D de dents prothétiques. Cette collaboration internationale a notamment permis l’accueil de chercheurs brésiliens à Québec. Parmi eux, la Dre Eloah Nunes de Almeida, doctorante, a poursuit ces travaux sous la supervision du Dr André Faria-e-Silva, avec la collaboration de la Dre Vanessa Houde.
Dans cette étude, publiée dans la revue scientifique Dental Materials, les chercheurs ont évalué la stabilité de la couleur d’une résine d’impression 3D utilisée pour fabriquer des restaurations temporaires et des dents de prothèses amovibles. L’objectif était de vérifier si les teintes offertes par le fabricant correspondaient aux références du système VITA Classical, largement utilisé en médecine dentaire, et si elles demeuraient stables au fil du temps.
Quatre teintes de résine ont été analysées, allant des plus claires aux plus foncées. Après leur impression, les échantillons ont été conservés pendant 60 jours soit à sec, soit dans l’eau afin de reproduire les conditions rencontrées dans la cavité buccale. Les variations de couleur ont ensuite été mesurées à l’aide du spectrophotomètre CM-36d de Konica Minolta, un équipement de pointe récemment acquis par la Faculté.
Les résultats montrent que toutes les résines étudiées ont perdu une partie de leur teinte jaunâtre avec le temps, particulièrement lorsqu’elles étaient conservées dans l’eau. Cette évolution a eu des effets différents selon la couleur initiale du matériau. Pour la teinte la plus claire, le changement a amélioré la correspondance avec la référence visuelle attendue. À l’inverse, pour la teinte la plus foncée, la fidélité de la couleur s’est détériorée.
Ces observations soulignent l’importance d’évaluer non seulement l’apparence initiale des matériaux imprimés en 3D, mais aussi leur comportement à long terme. Une meilleure compréhension de ces phénomènes permettra de développer des résines offrant une stabilité esthétique accrue et d’améliorer la satisfaction des patients.